La revue de la Société Astronomique de France

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l'édito du mois

À la vue de la couverture du numéro de juin de l’Astronomie, ce tube de la fin des années 1960 peut revenir en mémoire. En effet, il semblerait que la « couleur dominante » dans ce numéro de l’Astronomie soit le noir : le ciel noir, l’énergie noire et, même si on ne nous parle pas de la couleur des particules cosmiques dont il est question dans le zoom, la lecture de l’article nous apprendra que le noir domine. Pourtant, ce qui enchante les observateurs, c’est la palette de couleurs que l’on peut rencontrer quand on observe le ciel nocturne. Bien sûr, il n’est pas facile de répondre à la question du ciel noir la nuit, et il est peu de questions aussi simples qui amènent à des développements aussi profonds, comme expliqué par la réflexion historique qui clôt cette première partie de l’article « Quand Uranie s’égare ; l’énigme du ciel noir » par le « paradoxe d’Olbers » et qui se poursuivra prochainement avec une explication plus « cosmologie moderne » du ciel noir la nuit. Les astronomes ont pris l’habitude de parler d’« énergie noire » ou de « matière noire » pour définir des grandeurs hypothétiques qui permettent de rendre compte de certains faits d’observation que l’on ne s’explique pas encore complètement. Il est habituel dans nos actualités de revenir sur ces notions en plein développement et sujettes à des hypothèses variées qui, parfois, se contredisent et parfois vont dans le même sens. Il est inutile de rappeler que si le noir est une couleur pour les crayons des enfants, et pour les peintres comme Pierre Soulages qui sait à merveille jouer sur les nuances et les brillances du noir, pour un physicien, le noir est une absence de couleur ; à strictement parler, un corps noir désigne un corps qui absorbe intégralement les rayons lumineux reçus à sa surface. Pour en revenir au zoom, les particules extraterrestres sont noires parce qu’elles sont riches en matière organique qui absorbe la lumière solaire, et dans ce cas, dire qu’une particule est noire donne une indication sur sa composition. Nous avons pris l’habitude d’entendre parler de « noir » en astronomie et fredonner « Noir, c’est noir » dans un laboratoire se justifie donc, mais pas le deuxième vers : « Il n’y a plus d’espoir ! » En astronomie, l’espoir de faire de nouvelles découvertes et de mieux comprendre l’Univers qui nous entoure est toujours présent.

Janet Borg