La revue de la Société Astronomique de France

l'astronomie actuel

l'Astronomie en kiosque

n°56 - Décembre 2012

Au sommaire de ce numéro

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l'édito du mois

Mais oui ! C’est bien un exemplaire de l’Astronomie, la revue de la Société astronomique de France, que vous avez entre les mains. Son fondateur, Camille Flammarion, ne s’offusquerait pas du sujet en Une, lui qui a écrit nombre d’ouvrages de fiction, et en particulier une Fin du monde publiée en 1894. Lui aussi qui, en 1910, à l’approche de la traversée de la queue de la comète de Halley, avait écrit : « L’empoisonnement de l’humanité par des gaz délétères est possible, quoiqu’improbable », créant une sérieuse panique dans la population. Ce numéro exceptionnel de l’Astronomie, en rupture avec la ligne éditoriale habituelle que nos lecteurs apprécient, a été conçu pour une occasion toute aussi exceptionnelle, cette annonce de fin du monde, le 21 décembre prochain, rattachée au calendrier maya et que la rumeur a largement répandue. Déjà, dans le numéro de janvier 2012, l’Astronomie avait apporté une réponse scientifique à la funeste prédiction. Mais ici, notre démarche a été de replacer ce sujet dans une perspective beaucoup plus vaste : celle apportée par la science-fiction à la question philosophique de la fin du monde, question aussi vieille que l’humanité elle-même. La nostalgie est dans l’air du temps. Notre civilisation occidentale doute d’elle-même, les crises se succèdent et l’éternel mythe de l’âge d’or affleure dans les esprits. De quoi sera fait ce XXIe siècle ? Saurons-nous faire face aux grands défis qui sont devant nous ? On le sait, et on le redoute : rien n’a été plus permanent dans l’histoire de l’humanité que les chutes de civilisations, et les renaissances qui leurs succèdent. Le Prix Goncourt 2012, décerné à l’ouvrage Le sermon sur la chute de Rome témoigne de cette hantise très actuelle de la décadence. La science-fiction s’est emparé de ce thème et l’a développé généreusement. Le mot Apocalypse, titre d’un écrit de saint Jean, est la transcription d’un mot grec qui signifie révélation. Il a perdu ce sens aujourd’hui. Dans le langage courant, il signifie une série d’événements dramatiques et incontournables, destructeurs de sociétés ; le mot apocalypse est souvent repris dans notre dossier et il est appliqué principalement aux catastrophes cosmiques, celles qui nous viennent de l’univers, proche ou lointain. Roland Lehoucq, astrophysicien passionné de science-fiction, a bien voulu prendre en charge cette production originale et, pour ce faire, il s’est entouré de chercheurs dans ce domaine et de plumes compétentes. La rédaction de l’Astronomie les remercie tous pour leur contribution et ne doute pas de l’intérêt que suscitera ce dossier chez nos lecteurs. D’autant plus que l’iconographie, puisée pour une bonne part dans le fonds très riche de l’« Agence martienne » apporte un éclairage un peu passéiste, dans la lignée des pulp magazines, qui plaira à tous les amateurs de cette littérature. Plusieurs rubriques mensuelles n’ont pu trouver leur place dans cette livraison, pourtant plus lourde que d’habitude ; bien entendu elles seront là de nouveau dans le prochain numéro. L’actualité astronomique est, elle, bien présente car elle a toujours du nouveau à révéler que ce soit au sujet des trous noirs, des exoplanètes et autres quasars. L’agenda vous donnera toutes les informations que vous attendez sur la vie culturelle de ce mois de décembre qui clôture l’année 2012. Une année qui, dans le domaine de l’astronomie, a eu quelques moments forts comme le passage de Vénus devant le Soleil, le dernier pour ce XXIe siècle, et l’arrivée de Curiosity sur Mars, sans oublier la découverte, si attendue, du boson de Higgs. Bonne lecture à tous.

Marie-Claude Paskoff

AMA2009

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