La revue de la Société Astronomique de France

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l'édito du mois

La notion de champ magnétique est fondamentale pour mieux comprendre la structure du phénomène qui lui donne naissance dans un matériau. Entre le champ créé par un aimant à fer à cheval qui attire les clous ou la limaille de fer à la grande joie des expérimentateurs, au champ magnétique des astres, étoiles ou planètes, pas de grande ressemblance à première vue. Toutefois, dans tous les cas, c’est le même phénomène de base qui explique la création d’un champ magnétique dont l’étude permet de sonder la nature profonde du matériau, à savoir la mise en mouvement de ses charges électriques internes. Oublions le fer et les matériaux ferromagnétiques de nos aimants, pour nous intéresser au champ magnétique des étoiles, comme dans le zoom qui est proposé ce mois-ci : « Les champs magnétiques des étoiles chaudes ». Le champ magnétique des étoiles est créé par le mouvement du gaz dans les zones convectives, gaz chargé électriquement. Or la structure interne et donc le magnétisme des étoiles dépendent fortement de leur température. Si on commence à bien connaître le champ magnétique des étoiles froides, comme notre Soleil, il n’en est pas de même pour les étoiles chaudes pour lesquels les mouvements convectifs du gaz ne circulent pas jusqu’à sa périphérie, au point que pendant longtemps on a cru que ces familles d’étoiles ne possédaient pas de champ magnétique. C’est dans une lecture aisée et claire que l’on suit le cheminement des avancées scientifiques sur cette problématique, grâce aux progrès théoriques et observationnels. Il se trouve que dans les actualités de ce mois ci, il est encore question de champ magnétique, celui de la planète Terre ; en effet, on découvre des informations sur une étude du champ magnétique terrestre, qui s’appuie sur des techniques d’assimilation de données, techniques développées en météorologie et récemment adaptées au cas du noyau terrestre afin de mieux comprendre l’évolution de son champ magnétique dans le temps. D’autres actualités couvrent tous les champs de recherche de l’astronomie, depuis les trous noirs supermassifs jusqu’aux bancs du laboratoire où des chercheurs fabriquent une comète artificielle, l’irradient et mettent en évidence des molécules dites « prébiotiques », qu’il faut maintenant identifier dans des échantillons naturels. La rubrique consacrée au spatial s’intéresse ce mois ci à une petite mission dont on parle peu, la mission Swift, qui, comme nous le rappelle l’auteure, « Traquant les événements les plus énergétiques de l’Univers, Swift n’a rien à envier aux autres observatoires : c’est lui le « petit » qui prévient les « grands » télescopes de pointer vers tel endroit du ciel, c’est encore lui le spécialiste pour suivre les variations des objets célestes, c’est toujours lui qui réagit au quart de tour et donne pour un même objet des informations du visible au domaine gamma. Bref, cette petite mission a tout d’une grande… » A travers les autres rubriques, vous pourrez suivre la suite de la saga de la fusée Diamant ou de la folle aventure des canaux martiens, admirer les travaux des astronomes amateurs, tant dans la construction de matériel simple d’observation que dans la découverte d’objets célestes inédits ou encore poursuivre la découverte de nouveaux cadrans solaires du Piémont italien, datant de la fin du 17ème siècle. Un numéro riche, à déguster avec intérêt et plaisir, comme tous les numéros de la revue.

Janet Borg