La revue de la Société Astronomique de France

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n°24 - Mars 2010

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l'édito du mois

Après février, le mois à géométrie variable comme raconté dans l’éditorial du numéro précédent, voici venir mars, un autre mois remarquable. Car c’est en mars que se situe le premier des deux équinoxes de l’année, ces instants à partir desquels l’ensoleillement de notre planète bascule en privilégiant un hémisphère sur l’autre. Pour l’hémisphère Nord, ce basculement est agréable... à partir du 21 mars, la durée du jour dépasse celle de la nuit, et c’est pour nous le signe que le printemps s’installe et avec lui le renouveau dans nos jardins et nos activités de loisirs. Cette victoire du Soleil sur l’empire des ténèbres, le retour de la lumière après la nuit, est ancrée au plus profond de l’homme, nourrit son espérance et l’aide à vivre. Dans la mythologie de l’Égypte ancienne, la nuit est le monde des morts. Le dieu Râ, après son coucher quotidien du côté de l’ouest, y fait son parcours souterrain et c’est un temps de régénération ; et puis chaque matin les “Portes du ciel” s’ouvrent à l’est, permettant le retour de la lumière et de ce fait une résurrection. On sait aussi que, dans les régions arctiques habitées, le jour où le Soleil lance ses premiers feux après la nuit de l’hiver, la fête est grande, accompagnée de rites joyeux pour célébrer le retour de la vie. Tout au contraire, pour l’hémisphère Sud, l’équinoxe du 21 mars marque la rentrée dans la demi-année la moins ensoleillée qui, dans la zone polaire, se traduira par une longue période sans Soleil au-dessus de l’horizon. Que voit-on précisément au pôle Sud à l’équinoxe ? À cette question et à la suite de Jules Verne, un éminent spécialiste de la mécanique céleste apporte une réponse scientifique. Et ses propos nous amènent à réfléchir à la singularité de ce point du globe où l’on ne risque pas de perdre le nord puisqu’il se trouve dans toutes les directions... Pour tous les astronomes amateurs passionnés par l’observation du ciel nocturne, ce mois de mars est d’une très grande richesse. Sans surprises, c’est le mois connu pour réaliser, dans l’hémisphère Nord, le marathon des objets Messier : entre le coucher et le lever du Soleil on peut observer pratiquement tous les objets du catalogue de Messier (110). C’est le week-end du 13/14 mars qui semble le plus favorable car on est très près de la Nouvelle Lune. Mais il y a aussi l’opposition de Saturne qui donne une bonne opportunité d’observer la planète aux anneaux dans de bonnes conditions. En effet, le 21 mars, Saturne sera exactement à l’opposition, donc avec un bon diamètre apparent et une position haute à son passage au méridien. On trouvera ici un article détaillant les observations pouvant être faites à cette occasion. Enfin, par ailleurs, une nouveauté : la “rencontre” entre un astéroïde et une galaxie est signalée pour le 29 mars et peut faire l’objet d’un beau challenge pour les astrophotographes. C’est la première rencontre d’une longue série qui est détaillée dans ce numéro. Voilà donc de nombreuses occasions à saisir pour réaliser de beaux clichés... qu’il ne faudra pas oublier d’envoyer ensuite au responsable de la chronique des Portraits célestes... il les attend ! Poursuivant notre lecture de cette livraison, nous quitterons notre planète et ses contingences saisonnières pour découvrir des au-delà très spectaculaires. Ce sont, par exemple, ces étoiles massives qui éclatent en supernovae, monstres énergétiques qui ensemencent l’espace des atomes lourds créés en leur sein ; ce sont aussi ces petites galaxies, découvertes par le télescope Hubble qui a retrouvé une puissante acuité depuis son dernier lifting, et dont l’existence remonterait seulement à quelques centaines de millions d’années après le Big Bang. L’astronomie est une science en pleine évolution, chaque mois apporte son lot d’actualités et ses surprises. Parfois aussi des déclarations qui annoncent un tournant dans la politique des décideurs. Ainsi les Américains ne retourneront pas sur la Lune... la course est maintenant ouverte aux nations qui veulent s’en donner les moyens.

Marie-Claude Paskoff

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